Avis
d'élus
Le
travail sur les cartes offre un nouveau mode d'échange et de
réflexion
M. Olivier Jacquin
est président de la de la communauté de communes des Trois
vallées (Meurthe-et-Moselle).
Le premier intérêt
de la démarche est que ceux qui la proposent sont a priori neutres
: ils ne tiennent pas des discours idéologiques mais viennent
pour faire réellement vivre la démocratie participative.
Mairie-conseils et la Caisse des dépôts jouissent d'une
image presque institutionnelle et garantissent le sérieux et
la crédibilité de la démarche. Celle-ci présente
un aspect pragmatique, extrêmement concret. À l'opposé
des séances de baratin qui fleurissent trop souvent, le travail
sur les cartes favorise la participation de tout le monde. Il oblige
ceux qui monopolisent habituellement la parole à faire de la
place aux autres.
En ce qui nous concerne,
nous n'avons pas utilisé des cartes assez grandes pour la mise
en commun. Cette économie de bouts de chandelles a limité
les possibilités d'exploitation collective des informations.
Par ailleurs, nous
avons ajouté une cinquième carte afin de pouvoir identifier
" les tropismes du territoire ". Les communes des Trois vallées
sont en effet susceptibles de se tourner vers deux pays. L'état
des lieux réalisé a permis d'engager un débat stratégique
sur ce sujet.
Lors de la première
mise en commun, les participants n'ont guère pris de recul par
rapport à leurs " soupes communales ". Au cours de
la deuxième réunion intercommunale, la lecture de la "
carte des évolutions " a en revanche fait apparaître,
presque comme par magie, des points communs importants. L'augmentation
de la population et la pression foncière et mobilière
font que la périphérie du territoire est en cours de "
rurbanisation ".
Nous avons fait
l'erreur de conclure la démarche en nous recrispant sur le niveau
communal pour ce qui est de l'identification des projets. Il aurait
été préférable que les priorités
identifiées grâce aux cartes-synthèses soient débattues
dans les conseils municipaux (mais sans délibération)
puis que des consensus soient recherchés au sein du conseil communautaire
pour une mise en uvre concrète.
À cette erreur
méthodologique s'est ajouté le handicap que représente
la culture trop peu participative de beaucoup d'agents de développement.
À ce sujet, nous avons décidé de réaliser,
avec l'association Carrefour des pays lorrains et avec l'Association
pour la démocratie et l'éducation locale et sociale (Adels),
une formation réunissant des élus et des agents de développement
sur le thème de l'animation des politiques intercommunales.
L'intervention de
Mairie-conseils n'est pas facturée, mais la démarche nécessite,
tant en amont qu'en aval, un très gros investissement de la part
du territoire. Cet investissement vaut toutefois d'être réalisé
car la méthode très précise et très cadrée
qui est proposée permet d'obtenir en peu de temps des résultats
très appréciables. L'animation par des personnes extérieures
favorise l'écoute réciproque et casse les logiques habituelles,
qui sont parfois bien stériles.
Grâce à
la démarche, les élus ont repris confiance dans la communauté
de communes. Plus particulièrement, la révision de ses
compétences et de ses statuts a été légitimée
par ce travail.